Présentation

La Maison internationale des associations (MIA)

L’ECHO DU MONDE

Vous voulez en savoir plus sur les Kurdes, les Erythréens, les Palestiniens, la Bosnie, l’Amérique latine, les peuples d’Asie, etc ?

Ou alors êtes-vous préoccupés par tout ce qui concerne les droits humains femmes, enfants, lutte contre la torture, formation, éducation à la paix, protection des minorités, etc. ?

Peut-être est-ce la protection de l’environnement et la promotion du développement durable qui vous intéressent ?

Peut-être encore, de manière plus prosaïque, êtes-vous portés sur la photographie, les échecs, la danse, le théâtre ?

Et bien ! pour toutes ces préoccupations et bien d’autres encore, le lieu approprié est la Maison internationale des associations de Genève : s’y côtoient en effet plus de 80 associations et ONG couvrant un spectre d’activités et de préoccupations d’une incroyable richesse (lien avec la liste des associations locataires)

La présence à Genève d’un nombre important d’organisations intergouvernementales en plus des représentations diplomatiques, donne à notre ville le cachet qui est le sien : la « Genève internationale »

Certes

Mais en se limitant à cette Genève officielle, on passe à côté d’une autre Genève tout aussi internationale par le rôle que joue la Maison des associations.

De manière permanente, y sont accueillies et soutenues des centaines d’organisations de la société civile en provenance de toute la planète. Pour que les débats, les discussions qui ont lieu au sein de la Genève officielle puissent avoir lieu avec quelque pertinence, encore faut-il qu’ils soient éclairés, approfondis et subissent la critique de l’autre Genève internationale : celle de la société civile et des ONG.

Et, c’est la Maison des associations qui est le creuset de cet apport, creuset également des interactions du local et du global, sans quoi la dimension internationale de notre ville serait incomplète.

Face au bruit et à la fureur du monde, venez chez nous en écouter l’écho.

Monique Prindezis

Présidente, avril 2017

Les rapports

Plusieurs rapports ont été produits et des propositions d’action sont à l’étude, couvrant les trois secteurs mentionnés.  Désormais, pour les commanditaires la question centrale est de savoir que faire afin de maintenir et de renforcer le rôle de Genève, capitale mondiale des droits de l’homme, haut lieu de gouvernance et ville internationale par excellence.

Le dernier des ces rapports produit par « foraus » [2], souligne la volonté des autorités fédérales de maintenir la « Genève Internationale » comme un lieu-clef de la gouvernance mondiale.  Le rapport identifie trois niveaux d’action : sur le plan politique (« faire de la Suisse un acteur-clef de la résolution de problèmes globaux »), sur le plan scientifique (« faire de la Suisse un  lieu-clef de la recherche scientifique sur la gouvernance mondiale ») et sur le plan symbolique (« développer une communication internationale depuis Genève »).

Les analyses et recommandations de ces rapports ne font référence que de façon très marginale à la société civile ou aux ONGs[3], acteurs pourtant incontournables du paysage multilatéral, en général, et de la « Genève Internationale », en particulier.  La plupart des institutions de la société civile mentionnées sont des « think tanks » très spécialisés et qui ne sont pas représentatives de la grande variété d’organisations de la société civile qui font du plaidoyer avec les Nations Unies ou des activités sur le terrain des droits de l’homme, du développement, des questions humanitaire, la protection de l’environnement, les associations locales, les peuples autochtones, les mouvements de femmes, les organisations de personnes handicapés, …etc.  Les propositions qui ressortent du rapport n’intègrent pas cette société civile, ni comme acteur, ni comme bénéficiaire.

Enfin, les rapports font des estimations de moyens financiers et matériels à mobiliser, lesquels peuvent atteindre plusieurs centaines de millions de francs suisses. Par exemple, en incluant le coût de rénovation du Palais des Nations, les besoins financiers pour les infrastructures des organisations internationales basées à Genève s’élèveraient à au moins 1,3 milliard de francs ![4].

La recherche d’un renforcement de Genève sur le plan international et l’élection récente d’un nouvel exécutif à Genève peut être une opportunité unique pour orienter les fonctions, les services et les activités de la Maison des Associations, en l’intégrant dans le paysage plus global qu’est la Genève Internationale.

Propositions

Il est proposé de se pencher sur la possibilité d’intégrer la Maison Internationale des Associations dans le panorama plus vaste qu’est la « Genève Internationale », tout en préservant ses principales fonctions actuelles.  Les  nouvelles activités proposées sont cohérentes avec la mission de la Maison et complémentaires avec objectifs des autorités suisses sur l’avenir de la Genève internationale. Les nouvelles orientations visent à faciliter l’accès à des ressources financières publiques et institutionnelles, destinées à agrandir la Maison, mais également à lancer de nouveaux projets plus substantiels.

La proposition vise à déployer les activités de la Maison sur trois axes:

L’axe « Espaces de travail et de rencontre»
Genève ne dispose pas d’espaces suffisants pour accueillir les ONG qui voudraient s’y établir. Il est également très difficile, voire impossible, pour une ONG de passage à Genève de trouver un endroit pour installer ses bureaux ou travailler le temps d’une conférence ou d’un rendez-vous de travail. Le CAGI (Centre d’Accueil de Genève internationale) offre des espaces de réunion temporaires, aux ONG de passage, avec certaines limitations, notamment les heures d’accès et le nombre de places disponibles.  Le canton offre des espaces aux ONG internationales, mais on constate qu’il éprouve de la difficulté à satisfaire la demande et les prix ne sont pas particulièrement favorables aux ONG qui disposent de budgets réduits [5]. La Maison des Associations ne peut pas répondre à toutes les demandes en cours, provenant d’associations ou ONG déjà établies à Genève ou dans les environs.  Même si l’Etat et la Maison des Associations venaient à offrir tous les deux des bureaux (fixes ou temporaires), cela contribuerait à répondre de manière plus satisfaisante à la demande actuelle et future qui ne cesse de croître.  La Cité de la Solidarité Internationale (Annemasse) offre des bureaux et des installations modernes à des prix attractifs pour les organisations de la société civile, mais le lieu est trop décentré. On constate en effet que les ONG préfèreraient s’installer à Genève, même si les prix des locaux sont  plus attractifs de l’autre côté de la frontière.  Le fait que la Maison des Associations se trouve au centre ville, très bien desservi en transports publics et distant à environ dix minutes des organisations internationales est un argument de taille pour le positionnement de la Maison Internationale des Associations.

Le projet d’agrandissement de la Maison des Associations pourrait donc constituer une partie importante de la solution au problème de la demande d’espaces de travail, dans la perspective d’une Genève Internationale qui, de par son rayonnement futur, devrait être à même d’accueillir de plus en plus d’acteurs de la société civile.

Si le projet d’agrandissement de la maison était intégré dans l’ensemble des autres projets qui concernent l’avenir de la Genève Internationale en matière de bâtiments et  qu’il est présenté en coordination avec les autorités cantonales compétentes, il devrait trouver l’appui politique suffisant et bénéficier plus facilement du financement requis.  En effet, le coût d’agrandissement de la Maison des Associations (autour de 13 millions) est moindre, comparé aux 1,3 milliards requis pour construire ou rénover les bâtiments des organisations internationales (voir ci-dessus).

L’axe « Orientation – Formation »
Des milliers d’ONG et organisations de la société civile (OSC) participent aux travaux des organisations internationales basées à Genève.  Un certain nombre de ces ONG et OSC ont des bureaux à Genève et interagissent de manière pour ainsi dire quotidienne avec les Nations Unies, les Etats Membres et les experts.  Certaines ONG ne viennent à Genève que pour de brefs séjours, des sessions de travail courtes ou pour participer à des réunions officielles du système multilatéral. Les mécanismes des droits de l’homme (Conseils des droits de l’homme et organes subsidiaires, les procédures spéciales et les organes de traités) mobilisent des centaines d’ONG.  L’un dans l’autre, il est quasiment  impossible de chiffrer leur nombre, mais il peut être estimé à plusieurs milliers. A titre d’exemple, parmi les 4.000 ONG en statut consultatif auprès de l’ECOSOC, environ 460 ont leur siège ou disposent d’un bureau en Suisse ou en France voisine.  Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés organise une fois par année à Genève des consultations avec environ 600 ONG et OSC partenaires. La CNUCED, l’OMS, le BIT, l’OMPI, …etc. ont leurs propres mécanismes de relations de travail avec des centaines d’ONG et OSC qui convergent périodiquement à Genève dans le même but : participer avec les mécanismes du système multilatéral des Nations Unies, de l’Organisation Mondiale du Commerce et de l’Organisation Internationale pour les Migrations.

A Genève et à New York, toutes les entités des Nations Unies ont crée des structures chargées de gérer leurs relations avec les ONG et  OSC (dits « Points focaux pour les ONG/OSC») ; ces entités sont destinées à faciliter, promouvoir et renforcer la contribution des ONG et OSC dans le cadre spécifique des activités de l’organisation correspondante.  A l’ONUG, il existe une Unité dédiée spécifiquement à cette fonction.  A Genève, la plupart des entités des Nations Unies sont dotées de telles structures.  Durant les sessions du Conseil des droits de l’homme et de l’Examen Périodique Universel, l’ONUG et l’Office du Haut Commissariat aux droits de l’homme ont autorisé une ONG (Mandat International) à orienter les ONG sur des questions exclusivement logistiques.

Le soutien et l’accompagnement logistique pour les ONG et OSC internationales qui arrivent à Genève sont nécessaires et, d’une certaine manière, ces services sont fournis de manière satisfaisante par un service du Canton.  Par contre, il y a un vide en ce qui concerne l’orientation et la formation en termes de substance et de politique.  Une ONG/OSC installée ou de passage à Genève qui souhaite élargir son champ d’action ou connaître davantage sur l’intérêt qu’elle aurait à collaborer/participer aux travaux des Nations Unies à Genève ne sait pas à qui s’adresser, aujourd’hui.  Les « Points focaux pour les ONG/OSC» ne sont pas coordonnés. A l’ONU de Genève il n’existe pas un service officiel qui joue ce rôle.  Il serait donc opportun et très utile de créer à Genève un espace qui accomplisse cette fonction, doté de personnel expérimenté et compétent.

L’intérêt de la Genève Internationale pour les ONG et les OSC du Sud devrait faire l’objet de promotion ciblée, au même titre que celui manifesté à l’égard des organisations internationales, des missions permanentes et du secteur privé. Le système multilatéral et toutes les parties prenantes auraient tout à gagner à ce qu’un nombre plus important d’acteurs de la société civile du Sud convergent vers Genève.  Cette promotion devrait être accompagnée de soutiens financiers pour les déplacements et de procédures facilitées pour l’obtention de visas[6].  Cette idée devrait être soumise, de la part de la Maison des Associations, aux personnes compétentes à la Confédération et au Canton.

L’axe « Action –  Recherche »
Genève est avec New York un lieu de travail et de rencontre privilégié pour les ONG et les OSC du monde entier.  Une part importante des débats qui concernent de près ou de loin la gouvernance mondiale à lieu a Genève.  Il faudrait tirer profit de cette dynamique, pour promouvoir dans cette ville des espaces de réflexion et d’action sur le rôle et la place des ONG et OSC dans le système multilatéral. Pour l’instant, ces espaces n’existent pas.  La Maison Internationale des Association pourrait devenir le lieu qui ouvre des espaces, lance des idées,  promeut et facilite de rencontres internationales sur ce sujet. La Maison des Associations pourrait devenir un partenaire des grands réseaux d’acteurs qui « planchent » sur la gouvernance mondiale et pourrait devenir un lieu de convergence, de réunions et conférences sur ce sujet.

En commanditant les rapports cités, les autorités fédérales et cantonales  ont lancé un message et expriment la volonté de donner un nouvel élan à une nouvelle dimension de la Genève Internationale.  Les rapports mentionnés, issus des premières réflexions, n’accordent pas l’importance souhaitée aux ONG et OSC.  Une option pour la Maison Internationale des Associations est qu’elle inscrive ses activités dans la perspective de la future Genève Internationale.  Si la Maison des Associations prend les devants et présente des initiatives aux autorités compétentes, il est fort probable que l’accueil soit favorable.  Pour cela, un débat interne serait nécessaire. Le cas échéant, des pistes d’actions pourraient être lancées, à court terme.

1er décembre 2013

Avenir de la Maison internationale des Associations de Genève dans le cadre de la Genève internationale

 La Maison Internationale des Associations dans la Genève Internationale est un projet qui est en cours d’élaboration avec de nouveaux acteurs de la société civile et politique. L’objectif est de créer un lien avec la population locale de la société civile locale comme internationale, les mouvements politiques suisses et les Nations Unies. L’idée est de proposer et d’offrir des moyens pour que les revendications comme les appels à l’aide venant de partout dans le monde puisse être entendu dans les meilleures conditions.

Deux réflexions
  1. La Genève internationale en Ville : La majeure partie des infrastructures de ce qu’on appelle « la Genève Internationale » se trouvent concentrées sur la « rive droite », dans le périmètre dit « secteur des Organisations Internationales » qui s’étend de la Place des Nations, vers l’OMS et BIT, en passant par le CAGI et la route de Ferney, puis se déplace vers le bord du lac (OMC) et les Pâquis (Palais Wilson). Un nombre relativement important d’ONGs ont élu domicile dans ce même périmètre (rue de Varembé, Conseil Œcuménique des Eglises, Bâtiment de l’OIM, …). Peu d’OI et ONG sont décentralisées, telles celles installées dans la Maison Internationale de l’Environnement (Châtelaine). Un bon nombre d’activités en relation avec la présence physique des OI et ONG se déroulent de manière pour ainsi dire « naturelle » dans ce secteur. Ce n’est pas sans raison que le Centre International des Conférences fut rénové et renforcé dans ses activités, que l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement y a construit la Maison de la Paix et que les autorités suisses construisent des bâtiments destinés aux bureaux de Missions Permanentes de pays « pauvres » (Avenue de France).  Sur l’espace occupé actuellement par la Villa Les Feuillantines (siège de l’UNESCO Genève, situé dans le triangle formé à l’arrivée de la Route de Ferney et l’Avenue de la Paix sur la Place des Nations) seront construits des immeubles destinés à des bureaux et des logements, tous avec la condition qu’e leur usage soit en lien avec les Organisations Internationales. Le COE va réaménager les terrains qu’il occupe pour y construire également des bureaux et des logements, tous deux de rente.  Il est également question du rehaussement des bâtiments de la rue de Varembé (propriété de l’Etat de Genève) afin de créer plus de bureaux destinés aux ONG (information à vérifier).

La « décentralisation » d’activités de la société civile sur la « rive gauche » serait une manière signaler (plus que symboliquement !) que la Genève Internationale est avant tout un état d’esprit historique qu’on devrait pouvoir trouver partout à Genève et non pas seulement dans le périmètre actuel des Organisations Internationales.

  1. Complémentarité et innovation : les activités et les services rendus par la « nouvelle structure » devraient être complémentaires ou différents de ceux rendus par le Canton, la Cité de la Solidarité Internationale et d’autres entités présentes à Genève ou dans les environs. Les activités et les principaux services rendus par ces structures sont résumés dans le document annexe intitulé « Résumé activités et des services rendus aux ONGs, à Genève et dans les environs ». Il ne s’agit donc nullement de se substituer ou de rivaliser avec des services rendus par ailleurs ou avec les structures existantes.

Une approche nouvelle sur le positionnement de la MIA dans le cadre de la Genève Internationale requiert une réflexion et une approche approfondies préalables. En effet, les décisions prises pourraient avoir des implications politiques et financières, ainsi que sur l’organisation, les méthodes de travail et la structure de direction  de la MIA.

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